Présidentielle : c’est l’heure du vote chez LR

A partir de ce mercredi, 8 heures, quelque 139.918 adhérents Les Républicains (LR) sont appelés à choisir, par un vote électronique, leur candidat à l’élection présidentielle. Ils auront jusqu’à samedi, 14 heures, pour départager les cinq prétendants à l’investiture du parti. Un scrutin à l’issue incertaine. Mode d’emploi.

Les dés sont jetés. Après des mois d’incertitude et quatre débats dont le dernier mardi soir sur France 2, c’est enfin l’heure du choix chez Les Républicains, dont le congrès s’ouvre aujourd’hui. Près de 140 000 adhérents LR sont appelés aux urnes à partir de ce mercredi pour désigner le champion de leur parti pour l’Elysée.

Les candidats “se reconnaissant dans les valeurs de la droite et du centre“ avaient jusqu’au mardi 2 novembre, pour déposer les 250 signatures d’élus requises (provenant de 30 départements différents), pour participer au congrès prévu du 1er au 4 décembre. Cinq d’entre eux ont réuni le minimum requis : Michel Barnier, Xavier Bertrand, Eric Ciotti, Philippe Juvin et Valérie Pécresse.

Un vote ouvert aux seuls adhérents

Le vote est ouvert aux seuls adhérents du parti à jour de cotisation. Les militants avaient jusqu’au mardi 16 novembre, minuit, pour s’encarter, afin de participer au vote. Selon les chiffres publiés le lendemain par le parti, 148.862 adhérents étaient appelés à désigner leur candidat, sous réserve de validation de ces adhésions par l’instance de contrôle. Au final, ils ne seront très exactement que 139.918  à pouvoir voter lors du congrès, selon le communiqué de LR daté du vendredi 26 novembre. 8.787 adhérents à jour de cotisation ne “pourront pas prendre part au vote“ . Ces derniers n’ayant en effet pas communiqué leur “numéro de téléphone mobile“. Une information nécessaire pour la tenue du scrutin puisque chaque électeur doit recevoir “un mot de passe par SMS au cours de l’opération de vote électronique“, résume le communiqué.

Un scrutin électronique en deux tours

Deux tours de scrutin sont prévus. Le premier aura lieu du mercredi 1er décembre 2021 (8h) au jeudi 2 décembre 2021 (14h). Au terme, de ce premier tour, les deux candidats ayant recueilli le plus grand nombre de voix seront qualifiés pour le second tour. Ce dernier se tiendra dans la foulée, du vendredi 3 décembre 2021 (8h) au samedi 4 décembre 2021 (14h).

A l’issue de chaque tour de scrutin, le président des Républicains, Christian Jacob, tiendra une conférence de presse à 14 h30. Les résultats définitifs du scrutin seront proclamés dans la foulée du 2ème tour, le samedi 4 décembre. L’ instance de contrôle en charge de la recevabilité des candidatures, validera alors le corps électoral et la sincérité des résultats. Elle est composée du sénateur Philippe Bas, Olivier Dutheillet de Lamothe, ancien membre du Conseil constitutionnel et de Rémi-Pierre Drai, avocat au barreau de Paris.

Au lendemain du congrès, le parti organisera un grand “raout“ à Paris, à la porte de Versailles. A l’appel de Christian Jacob, les présidents des fédérations battent le rappel des militants et au moins cinq TGV seront affrétés par le parti . Objectif : réunir plus de 5.000 adhérents pour réussir une démonstration de force, six jours après le meeting d’Eric Zemmour au Zénith de Paris.

Un processus de vote sécurisé

En cas de résultats serrés, des contestations sont-elles possibles ? “Nous avons pris toutes les précautions nécessaires pour que ce ne soit pas le cas“, déclare au JDD, Christian Jacob.Nous avons opté pour le niveau de sécurité le plus élevé que proposait la plateforme de vote électronique Neovote“ à qui le processus a été confié, précise le patron de LR. Chaque électeur doit ainsi fournir un numéro de portable, une adresse mail et une adresse postale, pour pouvoir voter. “C’est l’assurance qu’il n’y ait pas de contestation ou de piratage“, assure le patron de LR.

Un scrutin à l’issue incertaine

Qui parmi les cinq candidats sur la ligne de départ est susceptible d’emporter la mise ? Le scrutin s’annonce particulièrement incertain, en l’absence de sondages et de favori clair. Aujourd’hui, quatre des cinq candidats au congrès sont susceptibles de se qualifier pour le second tour : Michel Barnier, Xavier Bertrand, Eric Ciotti et Valérie Pécresse. Si le cinquième, Philippe Juvin, est loin d’avoir fait de la figuration durant la compétition, il ne court néanmoins pas dans la même catégorie.

Début octobre, lorsque la campagne a réellement démarré avec le ralliement de Xavier Bertrand au processus du congrès, il y avait clairement un favori : Michel Barnier. Mais au fur et à mesure de la campagne, la cote de l’ex-commissaire européen a reculé auprès des adhérents LR. Si aujourd’hui,  Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, font figure de favoris, difficile de prédire qui sera le vainqueur de cette compétition interne.

Fort de sa stature internationale acquise en menant les négociations sur le Brexit et de sa fidélité à LR, l’outsider Michel Barnier pourrait malgré tout créer la surprise. Sans oublier Eric Ciotti qui à l’aune de débats télévisés jugés réussis, a repris des couleurs ces dernières semaines. Profitant de l’émergence d’Eric Zemmour, le député des Alpes-Maritimes s’est placé comme une alternative au polémiste, multipliant les dernières semaines les déclarations très à droite, en appelant par exemple à la création d’un “Guantanamo à la française“ ou à revenir sur le droit du sol, dans une campagne interne très tournée autour de l’immigration.

De nouvelles adhésions qui laissent planer le doute

Alors que le parti comptait moins de 80.000 militants en 2020, le nombre d’adhésions a bondi ces dernières semaines pour atteindre désormais 139.918 adhérents. Un score, quasi-inespéré pour la droite, mais qui complique considérablement la donne. L’afflux de ces nouveaux adhérents en l’espace d’un mois,  a bouleversé le profil des électeurs, et rend donc l’issue du scrutin incertaine. Un nombre d’adhérents resserré donnait une nette prime à Michel Barnier auprès des militants attachés à la fidélité. L’ex négociateur du Brexit n’ayant jamais quitté le parti. Mais un corps électoral plus large laisse place à l’inconnu. “Impossible de faire des pronostics, explique David Bellamy, maître de conférence en histoire contemporaine à l’université d’Amiens et spécialiste de la droite.

 L’afflux de nouveaux adhérents dans les fédérations de 4 candidats

Cette hausse est notamment observée dans les fédérations des quatre plus gros candidats. En Haute-Savoie d’abord, sur les terres de Michel Barnier, où la hausse des adhésions est la plus conséquente : +264%, (de 141 militants à 1.507 au total).  Chez Xavier Bertrand, le patron de la Région Hauts-de-France, les compteurs sont également à la hausse. Dans son département, l’Aisne, les adhésions progressent de 84%. Dans le Pas-de-Calais, elles sont en augmentation de 68%.

Même son de cloche en région Ile-de-France dirigée par Valérie Pécresse. À Paris, la fédération a quasiment doublé le nombre de ses militants, tout comme les autres départements franciliens, qui enregistrent une hausse totale des adhésions de 69,29%. Dans les Hauts-de-Seine, le département dont est issu Philippe Juvin, on enregistre une hausse de 2.385 militants. Le score en PACA semble en revanche assez bas par rapport à la dynamique globale. La région du candidat Eric Ciotti n’enregistrant que 30% de hausse. Le département des Alpes-Maritimes, première fédération LR de France dont est issu le candidat, gagne, elle, 32% d’adhérents de plus.

Pour autant, faut-il voir dans ces chiffres le plébiscite d’un candidat en particulier? Rue de Vaugirard, on appelle à la prudence.“On peut être francilien, être militant LR et ne pas forcément voter pour Valérie Pécresse“, lâche un membre du cabinet de Christian Jacob. Car en effet, il n’y a historiquement pas de lien direct entre l’origine géographique des adhérents et leur vote.

 

 

 

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