Cinquième vague de Covid : quelles annonces peut-on attendre ce soir d’Emmanuel Macron ?

Quatre mois après sa dernière allocution, Emmanuel Macron va prendre la parole ce mardi 9 novembre, à 20 heures, depuis l’Élysée. Une prise de parole attendue axée sur la troisième dose du vaccin, mais aussi la relance économique et les réformes. A cinq mois de la présidentielle, cette adresse aux français est aussi l’occasion pour le locataire de l’Elysée, de se replacer au centre du jeu.

Il avait annonçait dès cet été qu’il le ferait. Après plusieurs mois de silence et alors qu’un doute subsiste sur l’ampleur de la cinquième vague de covid, Emmanuel Macron s’adressera aux Français ce soir à 20 heures, dans la foulée d’un Conseil de défense sanitaire dans la matinée. Une prise de parole qui  à cinq mois de la présidentielle, qui permettra au président d’amorcer la fin du quinquennat, mais aussi de ne pas laisser ses adversaires seuls en scène.

Selon les précisions vendredi du porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, le chef de l’Etat lors de de cette intervention,  doit “faire un point sur la situation sanitaire (…), la reprise économique, et les réformes qui sont conduites dans le pays.“

La troisième dose en question

Alors que la reprise de l’épidémie de Covid-19 se confirme en France, l’exécutif cherche à accélérer encore la campagne de vaccination, et surtout celle du rappel pour les personnes fragiles et les plus de 65 ans. Sans attendre, le porte-parole du gouvernement a mis en garde la population, vendredi, en visite dans une pharmacie du 9e arrondissement de Paris. La hausse est à “ce stade légère mais certaine“, a prévenu Gabriel Attal, chiffres à l’appui : “Le taux d’incidence national est au-dessus de 60 cas pour 100.000 habitants, le seuil d’alerte est à 50“, a t-il précisé.

Or, la dose de rappel qui divise les français, peine à convaincre. Deux mois après son ouverture aux plus de 65 ans et aux plus fragiles, seuls 3,1 millions y ont recouru, sur 7,7 millions de bénéficiaires potentiels, a rappelé le Premier ministre, Jean Castex.

Faut-il rendre la vaccination obligatoire pour cette catégorie de population ? Conditionner la validité du passe sanitaire à une troisième dose ? Annoncer un plan pour une troisième dose pour tous, comme en Israël  ? Emmanuel Macron va devoir trancher entre plusieurs options lors de son allocution ce mardi. “La discussion est clairement sur la table, il y aura un Conseil de défense mardi matin et le président de la République en tirera les conséquences“, a souligné vendredi sur BFMTV le député LaREM Sylvain Maillard.

Une dose de rappel pour tous ?

La première des options serait de rendre obligatoire la troisième dose. L’exécutif scrute d’ailleurs de près la situation en Allemagne, où le gouvernement a annoncé vendredi la généralisation de la dose de rappel face à la reprise de l’épidémie. Pour l’épidémiologiste Dominique Costagliola, “cette troisième dose pour l’ensemble de la population est [toutefois] sans urgence“. “Le problème, ce sont les gens qui ne sont pas du tout vaccinés“, a t-elle indiqué samedi au micro de France Inter.

Conditionner le passe à une 3ème dose ?

Pour inciter les personnes les plus vulnérables à recourir à une troisième dose, la dose de rappel pourrait-elle devenir une condition de validité du passe sanitaire ? L’idée loin d’être exclue, est étudiée depuis plusieurs semaines au sommet de l’État. Cette possibilité fait  son chemin dans la majorité. “Si l’on considère qu’il faut une troisième dose pour continuer à être protégé, alors il faut réadapter le passe“, soutient ainsi le député LaREM, Thomas Mesnier, médecin urgentiste. En déplacement vendredi à Montpellier, le Premier ministre, Jean Castex, a déclaré à l’AFP que l’exécutif réfléchissait à cette piste “sans doute plus qu’à la piste de la vaccination obligatoire pour les plus de 65 ans“, promettant une “réponse bientôt“.

Opter pour la coercition en intégrant la dose supplémentaire au passe sanitaire “poserait un vrai problème politique“, note toutefois un ténor de la majorité : “Si le rappel est nécessaire tous les six mois, et qu’il est la condition du passe sanitaire, ça veut dire qu’on entre dans la logique d’un passe permanent.“ Imposer cette mécanique aux personnes atteintes de comorbidités pourrait par ailleurs écorner le secret médical“, relève par ailleurs une source gouvernementale.

Généraliser le port du masque à l’école ?

La reprise épidémique se confirme en France, avec un taux d’incidence en augmentation pour la troisième semaine consécutive. Plus de 60 départements métropolitains et ultra-marins sont ainsi désormais au-dessus du seuil d’alerte ( 50/100.000 habitants). Selon les dernières statistiques de Santé publique France, l’indicateur continue de progresser au niveau national, avec 58,7 nouveaux cas positifs à la Covid-19 pour 100.000 habitants sur sept jours glissants, entre le 23 et le 29 octobre. A 19h00 ce dimanche soir le taux d’incidence corrigé progressait encore s’élevant à 72,3.

Il faut s’attendre à un retour du port du masque à l’école primaire dans l’ensemble des départements français“, a estimé samedi matin sur franceinfo le chef du service réanimation de l’hôpital Lariboisière, à Paris, Bruno Mégarbane. “Sachant que la stratégie adoptée par l’exécutif est de rétablir le port du masque à l’école dans les départements qui dépassent le seuil d’alerte, son retour partout en France n’est qu’une question de temps“, a t-il estimé. Une mesure qui pourrait être annoncée mardi soir par le président Emmanuel Macron.

Réforme et relance économique

Mettre un terme au feuilleton de la réforme des retraites ?

Le porte-parole de l’exécutif l’a rappelé : il sera aussi question lors de cette adresse aux français de reprise économique. Et sur ce plan, tout va pour le mieux : la croissance est attendue à plus de 6 % en 2021, et le taux de chômage est au plus bas. “ La France peut approcher du plein-emploi“, veut-on croire au sein de l’exécutif.

Mais aussi de réformes, à commencer par celle des retraites  sur laquelle Emmanuel Macron compte revenir dans son allocution. Une question sur laquelle le chef de l’État ne cesse d’entretenir le doute depuis le début de la pandémie. Mais pour reprendre le cours normal des réformes, le chef de l’État va devoir répondre à une question essentielle : considère-t-il que l’épidémie est désormais “sous contrôle“, alors que le doute subsiste sur l’ampleur de la cinquième vague? Une condition posée il y a 4 mois par lui  dans son allocution du 12 juillet : “Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée“ avait-il aassuré.

Des “surprises“ annoncées

Il y aura des surprises“, prévient un interlocuteur du président. Notamment sur la “valeur travail“, thème clé sur lequel le chef de l’État veut insister en capitalisant sur l’efficacité attendue de la réforme de l’assurance-chômage. Selon un ministre, le président pourrait ainsi faire des annonces “contre l’assistanat en allant plus loin sur l’assurance-chômage“. Le locataire de l’Élysée devrait également indiquer ses intentions en cette fin de quinquennat.

Mais cette adresse aux français, la neuvième du genre, c’est aussi et surtout une fenêtre pour Emmanuel Macron, alors que ses concurrents se déploient tous azimuts. Après la percée Zemmour de la rentrée, c’est désormais au tour des Républicains d’entrer en piste à l’occasion de leur congrès. En prenant la parole au lendemain du premier débat de la primaire des Républicains, le chef de l’État sait qu’il peut empêcher la droite de se construire une dynamique.  L’occasion de rappeler à ses adversaires qu’il reste le locataire de l’Elysée. Et qu’il est bien décidé à le rester cinq ans de plus.

 

 

 

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