COP 26 : dernière ligne droite

Alors que la vingt-sixième conférence pour le Climat doit s’achever ce vendredi, la présidence britannique a présenté à quelques heures de la fin, un nouveau projet de déclaration finale comportant des avancées. Mais, nombre  sujets restent sur la table lors de cette dernière ligne droite.

Au terme de 15 jours de négociations, la vingt-sixième conférence pour le Climat doit prendre fin ce soir. C’est l’heure des ultimes tractations à Glasgow pour parvenir à un accord. Mais l’adoption d’une déclaration finale pourrait prolonger les débats bien plus tard que prévu. “Il reste beaucoup de travail“ ! indiquait jeudi soir, à la veille de la clôture théorique de la 26e conférence pour le Climat, son président britannique Alok Sharma, préparant les esprits à une prolongation des travaux.

Doit-on s’attendre à un accord à minima ? À quelques heures de la fin de cette 26ème COP pour le climat, la présidence britannique a publié très tôt ce vendredi, un nouveau projet de déclaration finale réservant plusieurs avancées. Le nouveau de texte maintient l’exigence principale que les quelque 200 pays présents à Glasgow, en Ecosse, prennent des engagements plus stricts en matière de climat l’an prochain. Il incite également les différents états à se montrer plus ambitieux dans leurs plans de lutte contre le réchauffement climatique.

Mais il inclut également une formulation moins engageante concernant la suppression progressive des subventions aux énergies fossiles et ne propose pas de révision annuelle des objectifs climatiques comme certains pays développés le réclamaient.

Un relèvement des émissions dès 2022, avec de possibles aménagements

La réduction des émissions est considérée comme une priorité absolue alors que le monde se dirige toujours vers un réchauffement “catastrophique“ de +2,7°C, selon l’ONU. Et malgré de nouveaux engagements à l’échéance 2030 annoncés juste avant et depuis le début de la COP.

Le nouveau texte mis en ligne tôt vendredi après de longues heures de négociations, appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réduction d’émissions plus régulièrement que prévu dans l’accord de Paris, et ce dès 2022. Mais par rapport à la première version du projet de déclaration, il ajoute que cette révision doit être faite “en prenant en compte les circonstances nationales particulières“, ouvrant la voie à des aménagements pour certains pays. Ce maintien a été salué par plusieurs observateurs, même si le Fonds mondial pour la nature (WWF) relève qu’il “n’est toujours pas en ligne avec (l’objectif de) +1,5°C“. La nouvelle version de lne propose également pas de révision annuelle des objectifs climatiques comme certains pays développés le réclamaient.

Financement des énergies fossiles : une formulation adoucie

Symboliquement, le texte conserve aussi une référence à une sortie des financements des énergies fossiles et de l’utilisation du charbon, principales sources du réchauffement climatique. Une victoire, alors que l’Arabie Saoudite poussait pour que cette mention soit complètement retirée du texte. Et une première si cette dernière figure toujours dans le texte final, alors que les énergies fossiles ne sont même pas mentionnées dans l’accord de Paris.

Mais la nouvelle mouture du texte inclut deux termes remettant en cause le précédent projet de document qui affirmait sans ambages que le monde devait arrêter les subventions aux énergies fossiles, lesquelles devaient progressivement disparaître. Dans la version publiée ce vendredi, les pays sont invités à limiter les financements “inefficaces“ “ aux énergies fossiles et à accélérer la sortie de l’utilisation du charbon “sans système de capture“ carbone. Une formulation qui est donc nettement adoucie par rapport à la précédente version qui appelait à “accélérer la sortie du charbon et des financements aux énergies fossiles“.

Une enveloppe pour aider les pays du Sud d’ici 2025

Des progrès sont également faits concernant le dédommagement des pertes et dommages subis par les pays pauvres. C’est-à-dire, la prise en compte des difficultés rencontrés par les pays du sud, à cause de la pollution générée par les pays du nord. Sur cette question très controversée, la nouvelle version du texte appelle toujours les pays riches à remplir leurs engagements, et même aller au-delà.

Il avait été décidé que d’ici à 2020, 100 milliards de dollars serait rassemblés par le Nord, pour aider les pays du Sud. Une promesse non tenue. Le nouveau texte indique que cet objectif doit être atteint d’ici à 2025. Il prévoit également de doubler l’aide spécifiquement consacrée à l’adaptation aux effets du changement climatique, alors que c’est l’aide aux réductions d’émissions qui capte actuellement 75% du total.

Une ouverture qui répond très partiellement et très imparfaitement à la demande des pays pauvres ou émergents qui, considérant l’enveloppe de 100 milliards déjà obsolète, insistent pour qu’elle soit relevée – jusqu’à 1 300 milliards par an selon les calculs du groupe Afrique. Et exigent qu’elle soit rééquilibrée de la réduction des émissions, qui capte aujourd’hui les trois-quarts des financements, vers l’adaptation aux conséquences du changement climatique. Et qu’elle prenne désormais en compte les “pertes et préjudice“  qu’ils subissent déjà.

Projet de déclaration finale- 12 novembre 2021

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