Emmanuel Macron en Espagne les 29 et 30 septembre, pour une visite d’État cruciale

Emmanuel Macron effectue une visite d’État en Espagne les 29 et 30 septembre. La première d’un président français depuis 2009. Entre consolidation du traité d’amitié bilatéral et concertation sur les crises internationales, cette étape madrilène vise à réaffirmer le rôle moteur du couple franco-espagnol au cœur des négociations européennes.

À l’invitation du roi Felipe VI, Emmanuel Macron est attendu en Espagne les 29 et 30 septembre pour une visite d’État de deux jours, ont annoncé  le 14 septembre l’Élysée et le gouvernement espagnol. Un déplacement qui revêt une importance particulière : il s’agira de la première visite d’État d’un président français en Espagne depuis dix-sept ans. La dernière remontant à 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. “Cette première visite d’État d’un Président français en Espagne depuis 2009 illustrera la profondeur des liens qui unissent nos deux pays ainsi que la densité de leurs coopérations“, a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Le programme

Le mardi 29 septembre, Emmanuel Macron accompagné de son épouse Me Brigitte Macron, sera accueilli avec les honneurs militaires avant de gagner le Palais royal. Un déjeuner y sera servi, suivi d’un entretien avec le souverain espagnol. La matinée comportera également une cérémonie en hommage aux morts pour l’Espagne. Le président français poursuivra ensuite à l’Université Carlos III de Madrid, où les échanges porteront sur la jeunesse, les réseaux sociaux et les défis liés à l’intelligence artificielle. Un grand dîner d’État sera donné le soir au Palais royal en l’honneur du couple présidentiel français, par le roi Felipe VI et la reine Letizia.

Mercredi 30 septembre, Emmanuel Macron poursuivra les échanges avec les acteurs économiques lors de rencontres consacrées aux relations entre les deux pays. Un sommet franco-espagnol est également prévu avec le roi Felipe VI. Le président français déjeunera ensuite avec le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez. Le programme se poursuivra avec une visite du Centre satellitaire de l’Union européenne (SatCen), avant une étape à la Casa de Velázquez. Cette institution française installée à Madrid et dédiée notamment à la recherche en sciences humaines et sociales. La visite s’achèvera par une cérémonie réunissant le couple royal et plusieurs des interlocuteurs rencontrés au cours de ces deux journées. Une réception à la résidence de l’ambassade de France est enfin prévue à 19 heures.

Une séquence diplomatique cruciale

Une relation solide, mais des intérêts parfois divergents

Au-delà du protocole monarchique, ce déplacement ouvre une séquence diplomatique majeure pour Paris et Madrid, bien décidés à consolider leur axe bilatéral face aux grands défis énergétiques, migratoires et sécuritaires qui secouent l’Union européenne. Ensemble, la France et l’Espagne peuvent peser davantage dans les débats européens sur l’énergie, la défense, l’industrie et la transition numérique. Ils disposent aussi d’intérêts communs face à la concurrence américaine et chinoise. Pour autant, cette proximité ne supprime pas les désaccords. Les deux gouvernements pouvant défendre des priorités différentes sur les infrastructures énergétiques, les interconnexions et la politique migratoire. Cette visite servira donc autant à afficher une relation apaisée qu’à tester sa capacité à produire des décisions.

Ukraine, Proche-Orient, immigration, IA …

La rencontre entre Emmanuel Macron et Pedro Sánchez ne sera pas limitée aux relations bilatérales. Les deux dirigeants doivent aborder “les grands enjeux européens et internationaux“,  notamment la guerre en Ukraine et la situation au Proche-Orient. Sur l’Ukraine, la France et l’Espagne soutiennent l’idée d’une réponse européenne coordonnée. Toutefois, leurs priorités peuvent différer selon leurs engagements militaires, leurs contraintes budgétaires et leur perception des risques de sécurité. La discussion portera donc autant sur le soutien à Kiev que sur la capacité de l’Europe à renforcer sa défense. Le Proche-Orient pourrait aussi constituer un autre sujet de divergence potentielle. Si les pays européens partagent des objectifs généraux – recherche d’une solution politique et protection des populations civiles- notamment, ils n’ont cependant pas toujours avec le même degré de fermeté ni sur le même calendrier diplomatique.

Paris insiste également sur “un attachement commun à la protection de la démocratie et de la jeunesse“, notamment face aux défis posés par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, a souligné l’Élysée. La crise du Ceuta sera aussi abordé lors de ce déplacement. L’Élysée rappelle que Emmanuel Macron a rapidement exprimé sa solidarité avec l’Espagne, après l’afflux massif de migrants fin juillet dans l’enclave espagnole. La France a toujours soutenu Madrid dans la mise en oeuvre du pacte européen sur la migration et l’asile car “il offre précisément une réponse responsable et constructive à ces épisodes et pics migratoires“ selon les services de l’Élysée, qui précisent que Ceuta et Melilla font partie du territoire de l’UE.

La signature d’une quinzaine de déclarations communes est également prévue, sur des sujets tels que l’énergie, la lutte contre la désinformation, ou la lutte contre le trafic de drogue dans les océans. Un forum économique auquel participeront des entreprises des deux pays, est également prévu.

Un dossier bilatéral sensible

Un dossier bilatéral devrait s’inviter dans les discussions. Lors de sa dernière visite en Espagne en janvier 2023, Emmanuel Macron avait signé à Barcelone un traité d’amitié, avec Pedro Sanchez. La ratification de ce texte était jusqu’alors bloquée par l’opposition de droite à Madrid. L’une de ses dispositions, prévoyant la participation régulière d’un ministre d’un pays aux réunions gouvernementales de l’autre, a notamment suscité l’opposition du Parti populaire. Le PP, majoritaire au Sénat, avait alors contribué à bloquer sa ratification et contesté la constitutionnalité du dispositif. Le 23 septembre, à quelques jours de la visite du président français, le tribunal constitutionnel espagnol a néanmoins validé la constitutionnalité de ce traité, 2026), ouvrant enfin la voie à son adoption définitive.

Le traité prévoit notamment une coopération renforcée sur les questions européennes, la sécurité, l’énergie, les transports et la culture. Il devait aussi permettre à des ministres français et espagnols de participer périodiquement aux réunions gouvernementales du pays partenaire.

L’Élysée souhaite désormais que la ratification du texte soit menée à terme, pour “refléter le niveau de proximité avec l’Espagne, que nous souhaitons développer.“ La présidence souligne la volonté d’Emmanuel Macron de signer des accords de ce type avec les pays avec lesquels la France entretient des relations plus étroites, comme c’est le cas avec l’Allemagne et l’Italie, pays avec lesquels des traités existent déjà, ou avec la Pologne, dont l’accord est en cours de finalisation.

 

 

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