Impact de la crise “carburants“ : Sébastien Lecornu monte au front

Face aux contraintes budgétaires et à la crise liée à la flambée des carburants, Sébastien Lecornu dévoilera ce jeudi lors d’une conférence de presse “le nouveau paquet d’aides carburants pour le mois de juin“. Mais au delà, le Premier ministre qui entend bien faire passer un message, va devoir jouer les équilibristes.

habitué jusqu’ici des allocutions sans question sur le perron de Matignon, le Premier ministre va tenir ce jeudi à 17 heures une “conférence de presse consacrée à l’impact et aux conséquences de la guerre en Iran sur notre pays“, a fait savoir son entourage le 17 mai. A cette occasion, il “présentera les mesures prises par le gouvernement pour y répondre“ et “dévoilera le nouveau dispositif d’aides carburants pour le mois de juin“, a précisé la Rue de Varenne.

Un format “plus formel“ que d’habitude, et assumé comme tel par son entourage. Pour un chef du gouvernement adepte de la parole rare qui, depuis sa re-nomination le 10 octobre, n’a donné aucune grande interview à la radio ou la télé et ne répond qu’avec parcimonie aux médias, le choix n’est donc pas anodin. Lors d’un échange d’une heure environ, plus long que son intervention du 21 avril, le chef du gouvernement va devoir jouer les équilibristes. Autour de lui, les ministres du Travail, de l’Économie, de l’Énergie mais aussi de la Santé, de la Mer ou de l’Aménagement du territoire. Pas moins de dix membres du gouvernement qui illustre la volonté de mettre en scène de la gravité du moment.

Préparer les esprits

Selon son entourage, le locataire de Matignon “va prendre un peu plus de temps pour faire un état des lieux de la situation et des impacts de la crise à court terme, mais aussi à long terme au-delà du seul sujet des carburants“. Car, l’objectif  “n’est pas juste d’annoncer des aides [pour amortir la hausse des prix du carburant]“, mais bien de “faire le point“ sur les conséquences de la guerre. En une heure d’échanges, Sébastien Lecornu entend faire passer un message : il faudra faire des “choix politiques“ dans les prochains mois, comme l’expliquait à Politico l’une de ses conseillères mercredi 20 mai. Car la crise persiste et va peser durablement sur le quotidien des Français et sur l’économie.

Concrètement, ce rendez-vous du jour doit préparer les esprits (et les parlementaires !) à un budget serré :  “On va devoir faire des choix politiques pour les prochains exercices budgétaires. C’est évident, parce que tout ça ne va pas s’éteindre du jour au lendemain“, ajoute-t-on dans l’entourage du Premier ministre. Devant les députés, mardi, Sébastien Lecornu a commencé à donner le ton, déclarant : “Malheureusement, cette géopolitique s’est installée dans le réservoir des Françaises et des Français (…) et nous le voyons, sous une forme ou sous une autre, cela va durer. Il ne faut pas mentir aux Françaises et aux Français“.

Pas d’aides généralisées au menu

Alors que des dispositifs ciblées avaient déjà été annoncées pour avril et mai, les mesures présentées au cours de cette conférence de presse auront pour objectif de permettre de “protéger les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés par les effets de la hausse des prix du pétrole et des produits dérivés“, selon Matignon. Ces nouvelles aides doivent permettre de “changer d’ampleur et d’échelle“  face à une crise qui s’inscrit dans la durée, toujours d’après le Premier ministre.

Prix des carburants : Sébastien Lecornu présentera jeudi un « nouveau paquet » d’aides pour le mois de juin

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Mais le Premier ne dégainera pas des aides ou des baisses de taxes à tout va. Le “quoi qu’il en coûte, c’est terminé“, a rappelé dimanche sur France 3 le ministre de l’économie, Roland Lescure. “On focalise les aides sur ceux qui en ont le plus besoin et on module en fonction de l’intensité de la crise“, a-t-il expliqué, citant quelques nouvelles aides récentes, comme “le prêt flash carburant“ pour le secteur du BTP, et des aides à la trésorerie pour les chauffeurs de taxi. Autre exemple qui circulait en début de semaine : un encouragement aux entreprises à verser des “primes d’accompagnements“ défiscalisées, pour les salariés qui roulent beaucoup pour venir travailler.

Compte tenu de la nécessité de ne pas creuser le déficit public au-delà de 5% du PIB, l’ampleur de ces nouveaux dispositifs d’aide devrait cependant rester limitée, comme le rappelait hier la porte-parole du gouvernement. “Ne créons pas aujourd’hui les impôts de demain“, a prévenu hier Maud Bregeon.

 

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