Réunion du Conseil européen les 15 et 16 octobre

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union Européenne se retrouvent à Bruxelles pour un Conseil européen de deux jours, les 15 et 16 octobre. Entre urgence énergétique, choc de compétitivité, défense continentale et arbitrages budgétaires, la réunion vise à fixer une trajectoire commune face aux défis géopolitiques et industriels majeurs de l’Union.

Face aux tensions géopolitiques et aux pressions économiques, les Vingt-Sept vont concentrer leurs échanges sur le renforcement de la compétitivité et la maîtrise des prix de l’énergie, l’accélération de l’Europe de la défense, ainsi que le soutien continu à l’Ukraine. Les débats porteront également sur les négociations du futur cadre financier pluriannuel, l’élargissemet la gestion des flux migratoires.

Compétitivité et défis économiques mondiaux

Des mesures pour faire face à la crise énergétique

Face à l’incertitude géopolitique croissante, les dirigeants de l’UE se concentreront sur des questions économiques et chercheront à apporter des réponses aux défis qui pèsent sur la compétitivité européenne, notamment les prix de l’énergie. Ce thème et les relations commerciales seront au centre des discussions, alors que l’Union fait face à un environnement commercial de plus en plus conflictuel et à des dépendances stratégiques vis-à-vis des États-Unis ou de la Chine. Les dirigeants de l’UE donneront des orientations à la Commission sur des mesures à court terme, ciblées et temporaires, visant à atténuer l’impact des prix élevés de l’énergie. “À court terme, nous devons fournir des orientations à la Commission sur des mesures ciblées et temporaires pour atténuer l’impact des prix élevés de l’énergie sur nos citoyens et nos entreprises, tout en poursuivant notre stratégie visant à réduire la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles“, écrit à ce titre le président António Costa, dans sa lettre d’invitation aux membres du Conseil. Ils débattront de la stratégie à long terme de l’Europe pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.

Combler le retard de compétitivité grâce à la nouvelle feuille de route

Les Vingt-sept examinerons également la mise en œuvre de la stratégie globale de compétitivité 2026-2027 de l’UE– le programme “Une Europe, un marché“. Cette feuille de route vise à transformer un marché unique encore fragmenté en un marché pleinement intégré pour toute l’Europe d’ici à fin 2027, afin de renforcer la compétitivité de l’UE face aux États‑Unis et à la Chine.

Des orientations sur le prochain budget européen

Les dirigeants de l’UE doivent également arrêter des orientations sur le prochain budget européen. “Le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2028-2034 est l’instrument stratégique qui permettra de bâtir une Europe plus prospère, plus compétitive et stratégiquement plus autonome. Parvenir à un accord rapide sur le prochain CFP est essentiel pour garantir à nos économies la prévisibilité et la stabilité dont elles ont besoin dans un monde instable et imprévisible“, assure António Costa. En octobre, les négociations sur le CFP entreront dans une phase décisive. La réunion des Vingt-Sept réunion doit donc permettre de consolider les éléments clés nécessaires à un accord définitif d’ici la fin de l’année.

Or, selon une nouvelle proposition dévoilée samedi 10 octobre par la présidence irlandaise du Conseil de l’UE, qui pilote les négociations, le budget septennal (2028-34) serait réduit d’environ 8 % entre 2028 et 2034. Si le plan irlandais vise à séduire les pays dits frugaux, Allemagne en tête, il fait aussi des mécontents. La commission a ainsi averti les gouvernements que la suppression de milliards d’euros provenant de plusieurs fonds de réserve laisserait l’Europe moins bien armée pour faire face aux crises au cours du prochain cycle budgétaire de sept ans. L’exécutif européen est  très inquiet des coupes dans les fonds d’urgence, a averti mardi Stéphanie Riso, la directrice générale du budget, lors d’une réunion à huis clos avec les Etats membres.

Les coupes budgétaires décidées par la présidence du Conseil irlandais ont affecté la compétitivité et l’aide au développement, tout en épargnant l’agriculture et les fonds régionaux.

Soutien à l’Ukraine

Les Vingt-Sept doivent également arrêter des orientations l’Ukraine qui demeure une priorité pour l’Union Européenne (UE). Lors de la réunion, les dirigeants discuteront du soutien continu à Kiev, y compris des besoins opérationnels de ses infrastructures critiques à l’approche de l’hiver. “Compte tenu de l’escalade des attaques russes contre les infrastructures critiques, il sera important d’entendre le président Zelenskyy s’exprimer sur les besoins opérationnels du pays à l’approche de l’hiver“, déclare António Costa dans sa lettre d’invitation au membre du Conseil. Dans le contexte de l’élargissement de l’UE, ils feront également le point sur les progrès accomplis par l’Ukraine en vue de son adhésion à l’UE.

Quelques jours avant le sommet, l‘Union européenne a adopté de nouvelles sanctions contre 1 600 individus et entités liés à la guerre russe contre l’Ukraine, a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne. Dans le détail, elles concernent 743 individus et 826 entités, tous liés au complexe militaro-industriel russe. “Ceci sera la plus grande expansion unique de notre liste de sanctions depuis que la Russie a commencé sa guerre“, a précisé Kaja Kallas lundi 12 octobre.

Sécurité et défense

Les dirigeants discuteront du comportement de plus en plus agressif de la Russie, y compris de ses attaques hybrides à travers l’Europe. Ils feront le point sur les progrès réalisés concernant le programme de l’UE en matière de préparation à la défense et examineront les moyens de maintenir la dynamique et d’accélérer les travaux, notamment pour combler les lacunes critiques en matière de capacités militaires. “Notre réunion abordera le comportement de plus en plus imprudent de la Russie, notamment sa campagne d’attaques hybrides à travers l’Europe. Face à cette escalade, nous restons unis et déterminés et poursuivrons la mise en œuvre de notre programme de préparation de la défense. Forts de nos travaux précédents, nous ferons le point sur son application afin de maintenir la dynamique et d’accélérer les progrès dans tous les domaines, notamment en ce qui concerne la réduction des lacunes critiques en matière de capacités militaires“ précise le président

Migrations, après la crise du Ceuta

Sur la table également de ce conseil européen, les migrations, sujet politique majeur, notamment après l’afflux inédit de migrants à Ceuta cet été. Après l’entrée en vigueur du Pacte sur la migration et l’asile et alors que les États membres doivent désormais mettre en œuvre ses nouvelles règles, les dirigeants européens se concerteront sur le sujet. Dans sa lettre d’invitation, le président Costa  souligne le fait que l’approche globale de l’UE en matière de migration fonctionne, comme le prouve une diminution significative et durable du nombre de migrants irréguliers. Il souligne également la nécessité de rester vigilant et préparé, d’agir de manière solidaire chaque fois que les États membres sont confrontés à des situations de crise et de continuer à renforcer la capacité de l’UE à répondre aux crises, y compris aux cas d’instrumentalisation.

Élargissement de l’Union

Alors que les négociations avec plusieurs pays candidats progressent à des rythmes différents, l’élargissement de l’UE sera aussi au cœur des discussions des Vingt-Sept. La révision de la politique de pré-élargissement, présentée par la Commission le 6 octobre, doit alimenter cette dernière discussion. Dans sa communication, l’ propose notamment de revoir certaines règles de décision, de renforcer les garanties contre les atteintes à l’état de droit après une adhésion et de développer l’intégration progressive des candidats. Le texte se penche aussi sur les conséquences d’un élargissement sur le budget européen et l’agriculture.

Dans ce contexte, le président Costa a souligné, dans son invitation aux dirigeants, que le débat du Conseil européen mettrait en lumière les travaux en cours sur le traité d’adhésion du Monténégro ainsi que l’objectif de conclure les négociations d’ici à la fin de 2026. S’agissant de l’Ukraine, la quatrième réunion de la Conférence d’adhésion avec l’Ukraine qui s’est tenue le 13 octobre à Luxembourg, a permis d’ouvrir les négociations sur les groupes “marché intérieur“ et “compétitivité et croissance inclusive“. “Nous franchissons aujourd’hui une nouvelle étape importante dans le processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE. La présidence irlandaise est déterminée à faire progresser ce processus“, a déclaré Thomas Byrne, ministre d’État aux Affaires européennes et à la Défense de l’Irlande.

 

 

Posted in Europe/Monde, Union Européenne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *