Le “Beauvau de la sécurité“ ouvre ses portes

Le “Beauvau de la sécurité“, grande concertation nationale voulue par Emmanuel Macron est présenté ce lundi aux syndicats de police et représentants de la gendarmerie. Huit chantiers et de nombreux défis sont au programme de ce “débat citoyen“ initié par le chef de l’état.

Après avoir décliné à  les sept péchés capitaux de la police, Gérald Darmanin doit maintenant trouver des solutions. Et les chantiers du “Beauvau de la sécurité“ qui s’ouvre ce lundi, sont nombreux. Les syndicats policiers et représentants de la gendarmerie ont rendez-vous ce lundi, à 15 heures, en visioconférence, avec leur ministre de tutelle, qui leur présentera la feuille de route de ce grand débat national consacré à la police et la gendarmerie.

Cette journée inaugurale réunira les différents protagonistes, pour leur présenter le détail de la démarche“, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué. “Le lancement officiel aura lieu dans les quelques jours qui suivent“, a précisé à l’AFP l’entourage du ministre.

Des échanges sous forme de “grand débat“

Annoncé le 8 décembre dernier par Emmanuel Macron, en pleine polémique sur les “violences policières“, afin d’« améliorer les conditions d’exercice des forces de l’ordre et de « consolider“ leurs liens avec les Français, le Beauvau de la sécurité, du nom de la place où est situé le ministère de l’Intérieur, associera des représentants des forces de l’ordre, des élus et citoyens.

Deux des trois principaux syndicats policiers, Alliance et Unsa-Police, qui avaient indiqué leur intention de boycotter cette concertation, ont finalement annoncé leur participation après que Gérald Darmanin ait accepté leurs conditions, notamment sur la “réponse pénale“ ou sur des mesures sociales comme la gratuité des transports pour les policiers.

Organisé jusqu’en mai, le « Beauvau de la sécurité“ sera accompagné de réunions régulières avec les syndicats de police, a annoncé le ministère. Cette “grande concertation“ réunira tous les 15 jours “des experts français et internationaux ainsi que des maires et des parlementaires“.

Le ministre de l’Intérieur se rendra également dans les territoires pour des échanges hebdomadaires, “sous la forme de grands débats avec les policiers et les gendarmes, qui pourront remplir des cahiers de doléances, ainsi que des débats citoyens (jeunesse, maires, agriculteurs, etc.)“. Gérald Darmanin promet des échanges sans aucun tabou. Pour cela, le ministre de l’Intérieur va se déplacer régulièrement dans les commissariats ou encore dans les écoles de police.

Huit chantiers, pour thèmes de réforme

Lors de ses séances de travail seront abordés les “sept péchés capitaux“ exposés par le ministre fin novembre devant l’Assemblée nationale. A savoir : la formation, l’encadrement, les moyens humains et matériels, la captation de vidéos, au coeur de la controverse dans la loi Sécurité globale , la réforme de l’IGPN, accusée de manquer d’indépendance, et le lien entre forces de l’ordre et population, dégradé par la succession d’affaires de violences policières. A la demande du syndicat de police Alliance, le ministère de l’Intérieur a accepté d’ajouter un huitième chantier, relatif à “la relation à l’autorité judiciaire“.

Gérald Darmanin doit maintenant trouver des solutions. Et les chantiers sont nombreux. Les fonctionnaires sont en pleine crise de confiance selon Grégory Joron, le secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP police. “Les policiers aujourd’hui sont désabusés, démotivés“, affirme-t-il. “J’attends que le débat ne soit pas interminable pour qu’on arrive finalement à l’été à nous dire qu’on ne réforme pas parce qu’on rentre dans un calendrier électoral, prévient de son côté David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale.  “J’attends des débats mais aussi des décisions et de l’action », ajoute t-il.

“Consolider les liens avec les Français“

En pleine polémique sur les violences policières, Emmanuel Macron avait annoncé le 8 décembre la tenue de cette concertation, afin d » »améliorer les conditions d’exercice“ des forces de l’ordre et de “consolider“ leurs liens avec les Français. Plutôt volontaristes, les syndicats voient dans ces échanges une occasion de “sortir les policiers de la tourmente médiatique.“ Mais les conclusions de ce Beauvau de la sécurité doivent avant tout servir de base à la future loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi) prévue en 2022.

Ce que demandent les syndicats de police

Les syndicats Alliance et Unsa-Police, ont déjà obtenu gain de cause sur une partie de leurs revendications : l’obtention de garanties sur la gratuité des transports publics au-delà du simple aller et retour travail/domicile, une subvention pour leur mutuelle et surtout des engagements sur la réponse pénale, comme l’instauration de peines minimales dans les cas d’agressions de policiers. Mais pas question pour eux de lâcher du lest.

Leurs revendications à la veille du “Beauvau de la sécurité“, portent aussi bien sur leurs conditions matérielles de travail que sur leur formation. Les syndicats n’ont enfin toujours pas digéré les propos de d’Emmanuel Macron, sur les contrôles au faciès. Il n’est donc pas question pour eux de remettre en cause “l’outil légal“ que constitue le contrôle d’identité.

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