Présidentielle 2022 : mode d’emploi de la primaire écologique

Les écologistes organisent une primaire ouverte du 16 au 28 septembre, pour déterminer celui ou celle qui portera les couleurs des Verts à l’élection présidentielle de 2022. Cinq candidats, deux femmes et trois hommes participent à ce scrutin en deux tours. Calendrier, modalités du vote, profil des candidats. Mode d’emploi de cette primaire ouverte.

Ils sont cinq en lice, déterminés à décrocher l’investiture des Verts pour la présidentielle de 2022. Ils entrent cette semaine “dans le dur“ avec le coup d’envoi de la course à l’Elysée. Le premier tour de la primaire écologique qui doit départager les deux femmes et trois hommes qui postulent pour devenir le candidat officiel du mouvement écologiste, se déroule en effet du jeudi 16 septembre au dimanche 19 septembre 2021. Avant l’organisation d’un second tour qui départagera les finalistes du 25 au 28 septembre.

Cinq partis : Europe Écologie Les Verts, Générations, Mouvement des progressistes, Génération écologie et l’Alliance écologiste indépendante, se sont réunis autour d’un pôle écologiste, pour désigner un candidat commun.

Les modalités d’organisation du scrutin

Un vote dès 16 ans

Le vote est ouvert à toutes les personnes âgées de 16 ans ou plus, françaises ou non, à condition de s’être inscrit avant le 12 septembre à minuit sur le site Lesécologistes.fr. Concrètement, cette primaire est ouverte, et non limitée aux adhérents d’une formation politique. Une participation de 2 euros est demandée aux participants, exception faite des adhérents à l’un des cinq partis organisateurs.

Il faut de plus, adhérer à la charte des valeurs du pôle écologiste, qui défend certains principes comme “la reconnaissance de l’état d’urgence climatique“, “la remise en cause du libéralisme économique et des logiques de prédation“, le “féminisme comme valeur émancipatrice“, le “droit des peuples à disposer d’eux-mêmes“ ou encore “la construction d’une Europe fédérale et sociale et d’une gouvernance mondiale démocratique“. Selon Europe Ecologie Les Verts, quelque 122 670 personnes se sont inscrites en vue de participer au premier tour de ce scrutin.

Deux tours de scrutin

La désignation du candidat écologiste se déroulera selon un scrutin uninominal majoritaire à deux tours, comme pour l’élection présidentielle. Chaque inscrit peut voter pour la personne de son choix, et seuls les deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages exprimés au premier tour pourront se présenter au second tour. Si l’un des candidats obtient la majorité des suffrages exprimés lors du premier tour de ce scrutin, il sera élu directement. A défaut, c’est à dire, si aucun des 5 candidats ne parvient à obtenir plus de 50% des voix au premier tour, un second tour sera organisé entre les deux candidats arrivés en tête du premier tour. Pour chacun des deux tours, le vote est ouvert pendant quatre jours :

  • du jeudi 16 au dimanche 19 septembre 2021, pour le premier tour ;
  • du samedi 25 au mardi 28 septembre 2021, pour le second.

Les candidats en lice

Cinq prétendants à l’investiture écologique sont sur la ligne de départ.


Yannick Jadot- 54 ans
Europe Écologie Les Verts (EELV)

Membre des Verts depuis 1999 et ancien directeur des campagnes de Greenpeace France de 2002 à 2008, il est eurodéputé depuis 2009 sous les couleurs d'Europe Ecologie. En 2016, il remporte la primaire écologiste en vue de l'élection présidentielle, mais renonce finalement et soutient le socialiste Benoît Hamon.

Très médiatique, il fait figure de favori dans cette primaire. il est plébiscité par près de sept sympathisants EELV sur dix, loin devant ses adversaires, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria publié le samedi 4 septembre. L’eurodéputé recueille 47% d’opinion favorable devant ses concurrents : Sandrine Rousseau (18%), Delphine Batho (16%), Éric Piolle (11%) et Jean-Marc Governatori (8%).
Défenseur d'une écologie “pragmatique“, l’écologie doit aussi passer pour lui par l’économie de marché.


Eric Piolle- 48 ans
Europe Ecologie Les Verts (EELV)

Ancien cadre dirigeant chez Hewlett-Packard, il s'engage à Europe Ecologie-Les Verts dès sa fondation, en 2009. Il devient en 2014 le premier maire écologiste à être élu à la tête d'une ville de plus de 100 000 habitants, Grenoble. Il est réélu en 2020.

Même s'il reste encore inconnu de l’immense majorité des électeurs, il fait figure de challenger face à Yannick Jadot. Totalisant le plus grand nombre de parrainages, il apparaît comme une option crédible au centre, entre un Yannick Jadot plus social-démocrate qui séduit plus les électeurs écologistes que le parti lui-même, et une Sandrine Rousseau que ses chevaux de bataille féministo-décoloniaux ont placée du côté de la gauche plus radicale.


Sandrine Rousseau- 49 ans
Europe Ecologie Les Verts (EELV)

Enseignante-chercheuse en sciences économiques et vice-présidente à la vie universitaire de l'université de Lille, elle est membre d'EELV depuis sa création en 2009. Elle a été porte-parole du parti de 2013 à 2016, avant d'en claquer la porte. Après une mise en retrait de trois ans, elle a réadhéré au parti écologiste en septembre 2020.

Chantre de l’écoféminisme, elle porte dans cette campagne les questions de radicalité environnementale, d’une forte refonte des institutions ou d’un “nouveau contrat social“ bâti sur la mise en place d’un “revenu d’existence“ versé de façon individuelle à partir de 18 ans, sous conditions de ressources.


Delphine Batho- 48 ans
Génération Écologie

Militante au syndicat lycéen FIDL puis à SOS-Racisme, elle adhère au Parti socialiste à l'âge de 21 ans. Elle a été vice-présidente de SOS Racisme, députée socialiste et conseillère de Ségolène Royal en 2007. Porte-parole de François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012, elle a été ministre de l'Écologie du gouvernement Ayrault en 2013, poste dont elle démissionne étant en désaccord avec la politique gouvernementale. Passée dans le camp des frondeurs du PS, elle quitte le parti en 2018 pour prendre la tête du mouvement Génération écologie.

Delphine Batho défend dans cette campagne, l’idée de décroissance. Si l’on estime le poids politique accumulé dans ses combats, notamment contre les pesticides néonicotinoïdes, on appréhende aussi chez EELV, son tranchant.


Jean Marc Governatori- 62 ans
Cap écologie

Ancien directeur de magasins il, s'est présenté sans succès à différentes élections locales ou nationales depuis 1997, sous différentes bannières. En 2004, il fonde La France d'en bas, puis rejoint en 2009 l'Alliance écologiste indépendante (AEI) et enfin Cap écologie, dont il devient le coprésident avec Corinne Lepage. Conseiller municipal de Nice depuis 2020, il a présenté aux élections régionales une liste écologiste concurrente de celle d'EELV. Il a bien failli ne pas pouvoir participer à la primaire écologiste après l'exclusion de Cap 21 du "Pôle écologiste" organisant la primaire. Mais la justice en a décidé autrement.
Résolument anti passe sanitaire et opposé à la vaccination, cet habitué des causes hors-partis, décrit comme “attachant“ par Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV, promeut une écologie “au centre“.

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