Emmanuel Macron s’adresse aux français à 20 heures

 

Emmanuel Macron s’adressera ce mercredi soir aux français, à 20 heures, lors d’une allocution télévisée. Le chef de l’état annoncera de nouvelles mesures de restriction contre la Covid-19. A quoi s’attendre? Le panel de solutions qui s’offrent au président demeure restreint et la décision incertaine. Sa prise de parole et non celle de son Premier ministre, laisse toutefois présager une décision de grande ampleur. Explications.

On l’a appris aux premières heures de la matinée ce mercredi. Après avoir annoncé mardi une prise de parole présidentielle dans les 15 jours, l’Elysée a annoncé ce mercredi matin dans un communiqué, que le président de la République, Emmanuel Macron, s’exprimera ce soir à 20 heures, pour annoncer de nouvelles mesures dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Les options sur la table

Reconfinement plus ou moins strict, fermeture des écoles, allongement de la liste des départements confinés… Toutes les options sont encore sur la table. À quelques heures de l’allocution d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal a néanmoins assuré que “des décisions ont été actées“ au cours du Conseil de défense sanitaire qui s’est déroulé à l’Élysée, avant le Conseil des ministres.“ Le président de la République a rappelé que protéger les Français était notre seule ligne depuis l’apparition de cette pandémie. C’est elle qui nous a poussés à prendre des décisions fortes chaque fois que c’était nécessaire“, a argué le porte-parole du gouvernement. “Nous freinons l’épidémie autant que nous pouvons“, a-t-il poursuivi.

En début de semaine, nous vous indiquions que l’exécutif ne semblait plus exclure un reconfinement global du territoire et la fermeture des écoles. Ces deux options tiennent selon nous toujours la corde, même si d’autres alternatives existent.

Vers un confinement strict ?

Ces derniers jours, membres du corps médical et de l’opposition ont réclamé un tour de vis conséquent pour mettre un réel coup de frein à la flambée épidémique. Nul ne sait si l’exécutif s’y est résigné. Pour autant, le tableau s’assombrit chaque jour un peu plus. En France, les services de réanimations accueillent désormais plus de 5.000 malades du Covid-19 et le taux d’incidence continue d’augmenter sur l’ensemble du territoire.

Face à une situation sanitaire qui se dégrade, un taux d’occupation dans les services de réanimation proche de celui du pic de la seconde vague approchant les 90%, des déprogrammations qui se multiplient et la menace d’un tri des patients en Île-de-France, plusieurs médecins demandent au président de la République de serrer une nouvelle fois la vis. Un reconfinement strict à l’échelle nationale permettrait de faire baisser le nombre de contaminations qui oscillent actuellement autour de 30.000 par jour, contre 10.000 à la fin du mois de novembre.

Une fermeture des écoles?

L’un des moyens de faire baisser la pression est, selon des enseignants, parents et élus locaux, de fermer des établissements scolaires afin de limiter les contaminations. S’y étant pour l’instant refusé, le gouvernement a admis de son côté que renvoyer tous les écoliers chez eux n’était pas un “tabou“, mais n’interviendrait “qu’en dernière nécessité“. Ce mercredi sur BFMTV, Anne Hidalgo la maire de Paris a demandé leur fermeture. “Je pense que les écoles doivent être fermées“, a déclaré l’élue, invoquant “une grande désorganisation“ et une situation sanitaire “très grave“. 850 classes sont actuellement fermées à Paris en raison de cas de Covid-19 chez les élèves ou les enseignants.

“Ne rien faire sur les écoles, ce n’est pas tenable dans la durée“, explique une source gouvernementale, car on aura tous les jours le décompte des classes qui ferment : désastreux dans l’opinion. “Mettre en place les demi-jauges au collège“, comme c’est le cas au lycée est une hypothèse jusque-là évoquée. Mais “vu la situation maintenant, ça peut donner le sentiment qu’on est mou“ poursuit la même source qui pense que, de toute façon, ça va bouger.

De possibles mesures d’adaptation

Le gouvernement, même si l’option semble en retrait, pourrait aussi aussi décider d’attendre encore, s’il estime en effet que les mesures adoptées il y a tout juste deux semaines n’ont pas encore eu assez de temps pour produire des effets observables. Il s’agirait de jouer la carte du statu quo. L’exécutif pourrait alors prendre une batterie de mesures d’adaptation, afin de donner de l’air aux hôpitaux.  Le recours à des hôpitaux de campagne avec le concours de l’armée a un temps été envisagé. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, propose de renforcer les contrôles, en particuliers en amont du week-end de Pâques afin d’éviter les déplacements entre régions.

Des indices en faveur de décisions lourdes

L’allocution ce mercredi soir du président de la république et non de son Premier ministre laisse présager une décision de grande ampleur. D’abord parce que depuis l’irruption de la pandémie en 2020, les interventions du chef de l’état face aux Français sont toujours intervenues aux moments les plus critiques. Que ce soit lors du dernier débat de ce type qui remonte à l’annonce du second confinement le 28 octobre 2020, lors d’une troisième allocution aux français le 14 avril 2020 ou, le chef de l’état avait esquissé les contours d’une sortie de crise ou encore, le 16 mars 2020, date à laquelle le président annonçait le premier confinement .

Matignon a fait en outre savoir ce mercredi que le Premier ministre Jean Castex fera une déclaration jeudi, qui sera suivie d’un débat et d’un vote devant les deux chambres du parlement, sur “l’évolution de la situation sanitaire et les mesures nécessaires pour y répondre“. Le débat aura lieu le matin à l’Assemblée nationale puis au Sénat l’après-midi (sur la base de l’article 50-1 de la Constitution qui n’engage pas la responsabilité du gouvernement).

Un dispositif constitutionnel utilisé à de rares occasions lors d’annonces majeures sur la Covid, par le Premier ministre, Jean Castex, et son prédécesseur, Edouard Philippe. L’actuel chef du gouvernement s’était ainsi adressé aux parlementaires le 29 octobre 2020, après qu’Emmanuel Macron ait décidé de soumettre le pays à un deuxième confinement. Autre indice, obtenu par Le HuffPost auprès de Matignon, le Premier ministre n’abordera pas demain la question du report des élections régionales.

Autre indice, obtenu par Le HuffPost auprès de Matignon, le Premier ministre n’abordera pas demain la question du report des élections; celles-ci seront suffisamment lourdes pour mériter un débat qui ne soit pas pollué par des considérations électorales. Ce qui indique que les annonces faites ce soir par Emmanuel Macron seront suffisamment lourdes pour mériter un débat qui ne soit pas pollué par des considérations électorales.

Alors que le contenu des mesures qui seront présentées ce soir par le chef de l’État sont toujours confidentielles, le fait que le chef du gouvernement prenne la parole devant la représentation nationale laisse donc présager que leur portée sera nationale. C’est ce qu’a sous-entendu un conseiller à LCI. “Il est possible qu’il y ait des mesures nationales. Le débat au parlement demain est un indice“,  a-t-il déclaré, ajoutant qu’il pourrait s’agir de « mesures sur les écoles ».

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