Marine Le Pen présente la trajectoire budgétaire de son éventuel quinquennat et son contre budget pour 2027

Marine Le Pen dévoile ce mardi 6 octobre la trajectoire budgétaire qu’elle entend donner à son quinquennat si elle gagne la présidentielle, avec 125 milliards d’euros d’économies sur cinq ans. Jordan Bardella présente lui, le contre-budget du RN pour 2027. 

Marine Le Pen et son fidèle lieutenant, Jordan Bardella ont choisi ce mardi 6 octobre pour présenter leur contre-budget nationaliste. Mais aussi pour dévoiler la trajectoire budgétaire pour les cinq prochaines années du Rassemblement National, si sa candidate à la présidentielle arrive à conquérir l’Élysée en mai prochain. Cette présentation, qualifiée de “crash test“ pour sa crédibilité économique, détaillera un plan d’économies de 125 milliards d’euros sur cinq ans ainsi que les modalités de la “règle d’or budgétaire“ que la candidate à l’élection présidentielle veut faire adopter.

Une trajectoire ambitieuse de 125 milliards d’euros

Marine Le Pen en avait fait l’annonce lors du débat de La REF, organisé fin août par le Medef , entre les principaux candidats à l’élection présidentielle : 125 milliards d’euros, un plan d’économies gigantesque promis par la candidate du Rassemblement National avant le débat budgétaire. Ce jour-là, la candidate du RN avait évoqué quelques pistes, insistant notamment sur l’urgence à réduire le train de vie de l’État. « Il y a un plan de relance massif de l’économie, et en même temps un plan d’économies massif sur la dépense publique », avait-elle indiqué.

Mercredi 16 septembre, invitée de Darius Rochebin sur LCI, elle a réaffirmé que ce plan était réalisable : “Début octobre, je présenterai la trajectoire budgétaire pour le quinquennat. Ces 125 milliards d’euros d’économies, il faudra les trouver, et pas sur les droits des Français ni sur leurs pensions de retraite, contrairement à ce qui a été fait depuis des années“, a t-elle affirmé.

Les économies et recettes proposées

Pour y parvenir, l’élue explique que la première source d’économies se trouve dans les dépenses et la fin de la reconduction automatique de certaines d’entre elles. Parmi celles ci, la suppression ou réduction du budget de multiples agences étatiques jugées superflues, la diminution des dépenses imputées à la gestion de l’immigration.  “On peut faire ces 125 milliards d’économies en tapant dans le gras des administrations, en tapant dans les agences qui ne servent à rien ou qui font doublon ou qui devraient être en réalité à l’intérieur des ministères et pas à l’extérieur, parce qu’il y a de la fraude massive dans notre pays, on est volé comme au coin d’un bois“, annonce d’ores et déjà Marine Le Pen. Les coupes budgétaires ciblent prioritairement :

  • l’instauration d’un délai de carence pour les étrangers arrivant en France, limitant leur accès direct aux prestations sociales (RSA, APL, allocations familiales), afin de réserver en priorité les aides publiques aux familles françaises ;
  • une réduction importante du nombre d’opérateurs publics et simplification administrative visant à élaguer le “mille-feuille territorial“ ;
  • une baisse unilatérale de la contribution financière de la France au budget de l’Union européenne ;
  • la lutte contre les fraudes fiscales et sociales.

Le système des retraites est également dans le viseur du RN. Si le parti ne compte pas réduire les droits des retraités, “des milliards et des milliards d’économies, non pas sur la privation de droits, mais sur le bordel qu’il y a dans le système des retraites“, peuvent être réalisées selon le député RN Jean-Philippe Tanguy, qui a dévoilé, ce dimanche 4 octobre, les 125 milliards d’euros d’économies nettes que souhaite réaliser le Rassemblement national d’ici à 2032. Le RN exclut en revanche explicitement de ses efforts de coupes, les collectivités territoriales, les effectifs de la fonction publique régalienne/essentielle et les aides sociales de base.

Le plan du Rassemblement National ne repose toutefois pas uniquement sur des économies. Le parti veut également engager un “choc de compétitivité“ en baissant les impôts de production et certaines taxes pesant sur les entreprises. Jean-Philippe Tanguy défend notamment une baisse de la TVA sur l’énergie, qui représenterait selon lui 14 milliards d’euros. “Il faut évidemment faire un choc de compétitivité en baissant les impôts de production et les taxes inutiles sur les entreprises et un choc de consommation pour les travailleurs en baissant la TVA, notamment sur les énergies qui sont des biens de première nécessité et qui empêchent les gens d’aller bosser “, défend t-il. Le plan du RN écarte en revanche l’augmentation de la fiscalité pour les ménages et les entreprises.

L’instauration d’une règle d’or

La patronne des députés Rassemblement national, propose dans une tribune publiée par L’Opinion, jeudi 1er octobre, d’instaurer une “règle d’or budgétaire“ dans la Constitution, qu’elle proposera aux Français d’approuver par référendum, si elle est élue à l’Élysée.

Cette idée, qui revient régulièrement dans le débat public, consiste à limiter la liberté du gouvernement et des parlementaires dans l’élaboration et le vote des lois de finances, afin de garantir le rétablissement des finances publiques. L’objectif étant de maintenir un cadre rigide tant que la dette nationale (qui culmine à plus de 119 % du PIB) ne redescend pas durablement sous la barre des 60 %. Cette règle fixerait des plafonds stricts pour le déficit public afin de rassurer les investisseurs internationaux.

Le dispositif proposé par la candidate est plus complexe que celui en vigueur en Allemagne ou en Espagne, et que les propositions similaires formulées par Gabriel Attal (Renaissance), Edouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (Les Républicains). Il ne fixe pas un taux de déficit maximal, mais un taux inférieur au seuil permettant de stabiliser la dette en proportion du PIB. “Tant que notre dette n’aura pas atteint 60 % du PIB, la règle d’or imposera que le déficit autorisé soit inférieur à 0,5 point de ce seuil stabilisant. A titre d’exemple, pour l’année 2027, le déficit maximal autorisé serait de 2,4 % [du PIB] selon les hypothèses macroéconomiques actuelles“, développe Marine Le Pen.

Le Parlement ne pourrait débattre que de projets de loi de finances respectant cette trajectoire. Les seules exceptions (crise énergétique, récession, tensions géopolitiques) requerraient un vote des deux chambres à la majorité des trois cinquièmes, et ne pourraient pas être reconduites deux ans de suite sans un nouveau référendum

La présentation d’un contre budget

Aux côtés de Marine Le Pen, le président du RN présentera ce mardi 6 octobre, le contre-budget du Rassemblement National. Cette présentation devait installer le RN sur le terrain de la compétence économique. La séquence a toutefois été perturbée par les accusations visant Jordan Bardella. Le 28 septembre 2026, une enquête a attribué au président du RN des écrits antisémites datant de 2013, lorsqu’il avait 17 ou 18 ans. Des accusations niées par le président du RN qui conteste formellement en être l’auteur. Cette polémique si elle ne concerne pas directement le contenu du budget,  peut néanmoins compliquer la stratégie de normalisation du parti.

 

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